Site culturel | Institut français du Japon

Art visuel

Cinéma

Livre et littérature

Spectacle vivant

Conférences

Exposition « Anarchismes : Amis, il fait bon sous les chênes » (Nuit de la Philo 2026)

Exposition « Anarchismes : Amis, il fait bon sous les chênes » (Nuit de la Philo 2026)

Dates

Du samedi 16 mai au dimanche 21 juin 2026
※ Vernissage en présence des artistes samedi 16 mai à 15h

Horaires

Mardi, mercredi, jeudi : de 11h à 19h
Vendredi, dimanche : de 11h à 17h
Samedi : de 11h à 18h (Samedi 30 mai : nocturne jusqu’à 22h pour la Nuit de la Philo 2026)

Fermeture

Les lundis et jours fériés

Tarif

Entrée libre

Nuit de la Philo 2026
ANARCHISMES – Nouvelles réflexions sur les formes de pouvoir

Samedi 30 mai | Exposition | Cycle de projections

 

Anarchismes
Amis, il fait bon sous les chênes

Loin des stéréotypes qui assimilent l‘anarchisme au désordre, à la violence ou le considère comme une simple posture contestataire, cette exposition – organisée dans le cadre de la douzième édition de la Nuit de la Philo à l’Institut français de Tokyo – conçoit les philosophies et pratiques artistiques libertaires sous l’angle d‘une critique radicale des structures de pouvoir — État, capitalisme, colonialisme, patriarcat. A travers l’art, elle interroge les formes d‘organisation sociale antiautoritaires fondées sur l’autonomie et l‘entraide.  

En outre, elle rejette les stratégies de détournement visant un appauvrissement doctrinal de l‘anarchisme, ainsi que les formes dévoyées d’activisme qui le dépouillent de sa dimension socialiste antiétatique.   

Elle envisage l‘art contemporain comme un agent de libération, d’auto-organisation et d‘expérimentation politique. Refusant d’être réduite à un militantisme culturel ou à une esthétique de la contestation, elle insiste sur le caractère empirique de l‘anarchisme, qui naît des expériences concrètes de domination, du travail et des luttes collectives.  

Les forces vives de l‘anarchisme proviennent de causes militantes inductives, issues de confrontations directes avec les pouvoirs institutionnels.   

De la praxis anarchiste émerge une pensée politique singulière qui produit, en dernière instance, une doctrine paradoxale : l‘anarchisme, doctrine du refus des doctrines. C’est qu‘au fondement de l’anarchisme réside la recherche de l’équilibre entre liberté et égalité. Ainsi, la liberté ne peut exister sans les conditions matérielles de l’égalité, laquelle ne peut se réaliser que dans les formes sociales qui préservent l‘autonomie individuelle et collective.  

À travers des pratiques artistiques contemporaines, cette exposition explore la manière dont ces réflexions se traduisent aujourd‘hui dans le champ esthétique. Les artistes interrogent ici les relations du pouvoir à la propriété, les ruptures métaboliques, les formes invisibles de coercition, les mémoires prolétaires ou les possibilités d’organisation collective non hiérarchique.   

Dans cette perspective, l‘art n’est pas conçu comme le commentaire symbolique du monde social. Tributaire de la lutte des classes, il génère au contraire un espace d‘expérimentation où peuvent se déployer des pratiques de résistance et de partage.   

L‘exposition invite à penser une esthétique de l’anarchisme au Japon, en élaborant des formes sensibles de critiques économico-sociales et d‘imagination politique, irréductibles à l’essence révolutionnaire de l‘anarchisme.  

Tout en s‘opposant aux logiques de prédation, d’accumulation et de valorisation capitalistes et fascisantes, cette exposition confronte les marges aux centres, se jette dans l‘arène et prétend, sans le moindre cynisme, récupérer la plus-value extorquée aux prolétaires, militants anarchistes et travailleurs de l’art.  

« Scélérats que nous sommes ! Nous réclamons le pain pour tous, la science pour tous, le travail pour tous ; pour tous aussi l‘indépendance et la justice ! » Et l’art !  

 

********

 

Avec : Rio Kawaguchi, Marina Lisa Komiya, Constant Chaos Project, Ryosuke Tanaka Nagamine+ARCHIVE, Allie Tsubota, superString
Commissariat : Alexandre Taalba, Yumiko Fujimoto


Organisée par : Institut français de Tokyo
En collaboration avec : Gewalt Dantai
Avec le soutien de : Fondation franco-japonaise Sasakawa


Évènements en lien avec l’exposition

  • Samedi 16 mai, 15h : Vernissage et performance de Rio Kawaguchi
  • Dimanche 17 mai, 15h : Performance de Rio Kawaguchi
  • Samedi 30 mai, 13h à 19h : Magasin de la grande destruction du capitalisme (Nuit de la Philo 2026)
  • Samedi 6 juin : Projections d’œuvres des artistes de l’exposition (Cycle de projections)

 

PRÉSENTATION DES ŒUVRES

Non-production
Performance de Rio Kawaguchi

Samedi 16 mai : 15h
Dimanche 17 mai : 15h
Entrée libre


Reprise absurde de gestes de travail, sabotage, paresse, robots a priori défectueux : il est des instants où toutes ces figures se confondent. La productivité tourne à vide. Pourquoi décrète-t-on certaines formes d’existence « improductives » ? Il s’agit d’attribuer une valeur à la production qui ne repose ni sur le prix ni sur la rareté. En reproduisant le travail, cette performance dénonce la vacuité de la productivité tout en proposant d’y échapper. La représentation même est une forme de production. Une production qui tourne à vide.  

Artiste
Rio KAWAGUCHI

Iel crée principalement des performances et des œuvres à partir de leurs traces et documentations. Sa pratique questionne « les corps dotés d’un utérus », les notions de travail et de nation. Iel s’intéresse plus particulièrement à la question de la production, en interrogeant le fait de naître et d’être accouché.e. 

 

 

******

Flesh Pink
de Marina Lisa Komiya

De nos jours, les cellules expérimentales comptent parmi les unités de vie que l’humain produit le plus. La plupart sont néanmoins détruites sans jamais quitter les laboratoires. En d’autres termes, bien qu’elles soient créées au nom du « progrès », leur vie comme leur mort sont invisibilisées, sans laisser de traces perceptibles pour l’avenir. A l’ère du capitalocène, les existences qui ne contribuent pas à la « production » du capital sont exclues des cycles, occultées, privées de voix et de discours. Rendre visibles, au sein d’un cycle, ces entités qui ne participent pas à la production ne constituerait-il pas une forme de résistance queer-nécropolitique ? Il s’agit de faire résonner un « souffle » qui, bien qu’il précède le récit, refuse l’invisibilisation de l’existence. 

 

《CLEAN LIFE》2025 Photo by Ujin Matsuo

Artiste
Marina Lisa KOMIYA

Né.e en 1992 à Atlanta, vit et travaille à Tōkyō. À travers une perspective queer, de laquelle émergent des théories du temps alternatives, iel développe une pratique artistique centrée sur l’exploration de « nouvelles formes de reproduction et de prolifération », mobilisant sans hiérarchie médiale la biotechnologie, la performance, la vidéo ou l’installation. Parmi ses projets collectifs figurent Reproductive Garden, ainsi que la plateforme artistique queer et féministe FAQ ?. Iel est également l’auteur.e deGuerres invisibles, mangas parus en français aux éditions Casterman (2025, 2026). 

 

 

******

Constant Chaos: Multiple Stories Of Japanese Knotweed
Constant Chaos Project

« Peu après avoir emménagé en Écosse, mon beau-père désignait une plante poussant en abondance au bord de la rivière voisine comme de la « Japanese knotweed » (renouée du Japon). Du Japon ? Ayant grandi au Japon, je n’avais pourtant jamais vu cette plante. Là-bas, où elle est appelée itadori, elle est appréciée pour ses vertus médicinales et nutritives. Au Royaume-Uni, en revanche, elle possède la réputation d’une plante vivace capable de l’asphalte, si bien qu’elle est obligatoirement éradiquée. Lorsque j’ai été confrontée à la violence des termes employés à cette occasion — « espèce invasive », « alien », « colonisation » —, j’ai peut-être éprouvé, en tant que personne migrante moi-même, une sympathie particulière pour l’itadori. Au prisme de l’histoire et l’écologie de cette plante, puis à travers une réflexion et une pratique créative, je souhaite l’appréhender, non pas sous l’angle de l’exclusion, mais via de nouvelles perspectives, afin de lui ouvrir de nouveaux horizons. Il s’agit là d’une tentative de repenser, depuis le quotidien, la relation entre l’humain et la nature. »

Artistes
Constant Chaos Project

Projet de recherche artistique et collaboratif mené entre 2020 et 2023, il réunit quatre membres résidant alors en Écosse, Sakamoto Natsumi (artiste), Florence Dwyer (artiste), Yazaki Haruka (horticultrice) et Mabon Naoko (curatrice). Constant Chaos Project porte principalement sur la plante itadori (renouée du Japon), devenue une « espèce exotique envahissante » après avoir voyagé du Japon vers le Royaume-Uni. A partir des intérêts propres de chaque membre, le projet questionne les valeurs et possibilités nouvelles de litadori. 

 

 

******

Dans ma rue, dans ta rue
Ryosuke Nagamine Tanaka + ARCHIVE

« En 2014, lorsque j’ai visité Sanya pour la première fois, j’ai rencontré M. Nishida, qui vivait alors dans la rue. Lorsque j’y suis retourné en 2020, le paysage du quartier avait considérablement changé, et M. Nishida, que j’avais filmé, avait disparu. En 2023, afin de m’engager plus profondément dans ce quartier, au-delà même de la création artistique, j’ai commencé à travailler comme aide-soignant au foyer Sanyūsō, géré par l’association Sanyūkai, qui mène des activités de soutien depuis plus de quarante ans. À mesure que le quartier se développe, les habitants disparaissent des rues. La mémoire de Sanya s’efface peu à peu. J’ai ressenti le besoin d’en préserver les traces, de consigner les souvenirs et les histoires de celles et ceux qui habitent ce quartier. »


Cette œuvre est réalisée en collaboration avec le projet de recherche « ARCHIVE ».

Artistes

Ryosuke NAGAMINE TANAKA

Né.e en 1990 dans la préfecture de Kagawa, iel vit et travaille à Tokyo et est diplômé.e de l’École supérieure des beaux-arts de Tokyo. Sa pratique se focalise sur l’« autre » – objectivé par l’histoire et la société – comme un « moi » qui aurait pu être et tâche de donner forme à cette potentialité. Parmi les principales expositions liées à ces recherches figurent Sur les larmes (2014, immeuble OK à l’angle du carrefour Namidabashi) et Open Studio 2025–2026 / novembre (2025, TOKAS Residency).


ARCHIVE

Projet académique visant à étudier les langages liés à la pensée et la pratique artistique, ainsi qu’à les partager dans l’espace public ; ARCHIVE compte dix-sept membres dont ses responsables Hiroya Okamoto, Hiroshi Okamura et Takuma Hiromoto. Outre l’archivage et la publication de documents, le projet mène des activités collaboratives avec des artistes. Parmi ses expositions et recherches figurent Musée de l’eau (2025, TOKAS Hongo / Musée historique de l’approvisionnement en eau de Tokyo), La nature invisible de Musashino (2026, Musashino Place) et ARCUS Open Studio (Satō Kōichi) (2025, Arcus Studio).

 

******

Dead Letter Room
Allie Tsubota

Dead Letter Room est une correspondance transhistorique avec le poète japonais Tamiki Hara (1905–1951), aujourd’hui décédé, qui fut un survivant de la bombe atomique. Le projet examine les vestiges des archives littéraires de Hara en les confrontant à des archives photographiques produites par l’armée américaine au Japon après la Seconde Guerre mondiale. Dead Letter Room redonne vie à ces deux collections, les enrichissant d’une série de photographies originales et, surtout, d’une correspondance fictive entre Hara et l’artiste. Il aborde la ruine atomique comme une preuve de la violence impérialiste états-unienne, mais aussi comme un point de départ pour une réflexion plus large sur la politique de la mémoire après une catastrophe.

Artiste
Allie TSUBOTA

Dans sa pratique fondée sur la recherche, elle agrège photographies, vidéos, textes, matériaux d’archives et autres éléments, explorant leurs modalités d’articulation, ainsi que les processus de formation du sens et de la mémoire. Elle s’intéresse à l’histoire de l’État-nation moderne, aux diasporas et processus d’assimilation dans la région Asie-Pacifique. Elle mobilise la photographie, médium qu’elle considère doté d’une temporalité singulière, pour interroger la représentation des mémoires liées aux expériences vécues de certaines populations. Titulaire d’un master en photographie de l’École de design de Rhode Island, elle occupe actuellement un poste d’Assistant Professor en photographie à l’École de design Parsons (New York).

 

 

******

Magasin de Grande Destruction du Capitalisme
SuperString

※ Boutique ouverte samedi 30 mai, de 13h à 19h

 

« Si l’on détruit les méthodologies capitalistes, dans lesquels on a baigné toute notre vie, on peut avoir l’impression qu’une part de notre cerveau aussi est détruite. Le capitalisme imprègne tout, des mots que l’on prononce aux moindres détails de la vie quotidienne, à tel point qu’il devient le principe opérant de nos actions. Triste produit de la modernité, le capitalisme s’est incrusté en nous. Pour autant, les êtres humains ne vivent pas que par cela. Sans chercher à établir quoi que ce soit de nouveau, nous pensons qu’il est bon de simplement tout détruire. Les reflets scintillants de l’eau résiduelle après la grande destruction brillent peut-être plus que des diamants ! Couvrons-nous de ces éclats et fonçons à travers la nuit de Tokyo ! »

Artiste
superString
Unité artistique fondée en 2022 principalement basée à Kobe, superString questionne le caractère quadridimensionnel des espaces urbains, en mettant l’accent sur les expériences spirituelles dans les sociétés capitalistes. Depuis novembre 2025, elle tient également un espace intitulé « Scrap and Unbuild : Magasin de Grande Destruction du Capitalisme ». 

DEVENIR PARTENAIRE

Vous êtes une entreprise et souhaitez soutenir les échanges culturels franco-japonais.

S’IMPLIQUER À NOS CÔTÉS

Vous êtes un artiste, un universitaire ou un professionnel de la culture et vous souhaitez participer à des projets existants dans le cadre de collaborations ou cherchez des informations pour vous développer au Japon.