Conférence Opéra baroque Platée ou Junon jalouse
L’opéra baroque français connaît aujourd’hui un véritable renouveau. Composée par Jean-Philippe Rameau, Platée, comédie lyrique en un prologue et trois actes, fut créée le 31 mars 1745 au palais de la Grande Écurie du Château de Versailles. Mêlant étroitement chant, théâtre et danse, cette œuvre spectaculaire, emblématique de l’art français du XVIIIe siècle, est pourtant rarement donnée aujourd’hui.
Quelle palette d’émotions et quelles réflexions l’histoire de Platée peut-elle éveiller en nous ? C’est cette œuvre singulière que nous souhaitons partager, entre adultes comme avec les plus jeunes, qui porteront demain ces héritages culturels.
L’intrigue débute sous le signe de la jalousie. Junon, épouse de Jupiter, laisse éclater sa fureur : le vent du nord se déchaîne et les tempêtes se succèdent sur la terre. Pour apaiser la déesse et ramener la sérénité, Cithéron, roi de Grèce, imagine un stratagème. Dans un marais né d’un ancien déluge vit Platée, reine fantasque et vaniteuse des esprits des marais. Jupiter feint de s’éprendre d’elle et lui demande sa main. Ce faux mariage a pour but de provoquer le rire de Junon et, par là même, de dissiper sa jalousie.
Platée entonne alors sa célèbre « Entrée », célébrant avec exaltation son royaume marécageux : « Quel séjour charmant ! » Mais derrière la comédie se cache une héroïne touchante. Amoureuse de Cithéron, elle se heurte à son refus : simple mortel, il se dit trop différent d’un esprit des marais. Le cœur blessé, Platée apprend pourtant par Mercure que Jupiter l’aime. Transportée de joie, elle ne perçoit pas encore l’illusion dont elle est l’objet.
Un éclair fend bientôt le ciel : Mercure lui révèle qu’il s’agit d’un signe de la jalousie de Junon. Platée, bravache, réplique que les larmes de la déesse ne feront qu’abreuver son royaume humide, puis appelle ses esprits à chanter et danser. Cette danse, typique du ballet baroque — à l’époque des souliers à talons et des longues robes, bien avant l’apparition des pointes — illustre toute la richesse chorégraphique du XVIIIe siècle.
Après l’interprétation de deux airs et d’une danse extraits de l’œuvre, des images de l’acte I seront présentées, telles qu’elles furent données lors de l’inauguration du Brillia Hall de Toshima en 2019.
Dans l’acte II, Platée, courtisée par Jupiter, atteint le comble du bonheur lorsque celui-ci lui demande sa main.
Dans l’acte III, le faux mariage est célébré : les esprits des marais accourent pour festoyer, et Platée touche au sommet de la félicité… Mais quel sera le dénouement de cette comédie cruelle et brillante ?
Le mercredi 2 décembre 2026, Platée sera présentée pour la première fois depuis sept ans dans la grande salle du Centre culturel municipal de Nerima. Ces dernières années, les contraintes budgétaires ont rendu de plus en plus rares les productions d’opéras et de ballets baroques, y compris en France. Cette représentation constitue donc une occasion exceptionnelle de découvrir au Japon ce joyau du répertoire français.
Nous espérons vous accueillir nombreux le 2 décembre à Nerima et vous souhaitons de savourer pleinement ce moment unique placé sous le signe de la musique, du théâtre et de la danse.
dat
Le samedi 15 mars
Lieu :
Espace images
Événements : Spectacle vivant
Événements : Institut français de Tokyo
Dans le rétro
Le Choix Goncourt du Japon a élu son 5e lauréat
Fête de la Francophonie à l’Institut français de Tokyo 2026
Institut français de Tokyo
Retour en images sur le festival Feuilles d’automne 2025
Retour sur la table ronde : Droits des personnes LGBT+, perspectives franco-japonaises