Marguerite Duras – rétrospective inégrale à l’occasion du 30e anniversaire de sa disparition
日程
Du 7 juin au 19 juillet 2026
会場
l’Espace Images de l’Institut francais de Tokyo
料金
Tarif unique de 1 100 yens ( 1,500 yens uniquement pour les séances avec le talk).
Les billets sont mis en vente via Peatix a partir du 16 mai a 12h.
La Musica
France/1966/80min/N&B
Avec Delphine Seyrig, Robert Hossein, Julie Dassin
Le premier film de Duras, adapté de sa pièce de théâtre éponyme, et coréalisé avec Paul Seban. Dans un dialogue nocturne voué à conjurer la solitude, elle utilise la ville d’Évreux comme personnage central pour raconter la fin d’une liaison et ses conséquences. Une manière de tordre le cou au classicisme qui convoque déjà Robbe-Grillet et Resnais.

Date de projection:
Détruire, dit-elle
France/1969/90min/N&B
Avec Catherine Sellers, Michael Lonsdale, Henri Garcin
De discussions à bâtons rompus en errances, Duras s’approprie le langage des images dans un film ténébreux, qui rompt avec les codes de la narration et du dialogue. Sa quête d’un « état zéro » se transforme en proposition audacieuse, visuellement envoûtante, dédiée à la jeunesse et ses fantasmes.

Date de projection:
Jaune le soleil
France/1971/80min/N&B
Avec Catherine Sellers, Sami Frey, Dionys Mascolo.
À partir d’un huis clos politique post-soixante-huitard, adaptation de son propre roman Abahn Sabana David, Duras analyse le capitalisme et le stalinisme au cœur d’une mise en scène de la parole à l’atmosphère cauchemardesque. Une exploration des systèmes d’expression et de pensée, qui referme la veine traditionnelle de son cinéma.

Date de projection:
Nathalie Granger
France/1972/83min/N&B
Avec Lucia Bosè, Jeanne Moreau, Gérard Depardieu.
Au carrefour de sa filmographie, Duras fait le choix de la radicalité, d’un long métrage clivant, débarrassé du texte et centré sur la tension contenue dans l’indicible. Soutenue par le superbe noir et blanc de Ghislain Cloquet, elle filme les visages tourmentés de Lucia Bosè et Jeanne Moreau dans le cadre rassurant d’une maison, à l’abri du monde extérieur. Comme un hommage à sa propre mère, la cinéaste se confronte au temps réel, de la langueur à l’intimité, et transforme Nathalie, son héroïne, en troublant alter ego.

Date de projection:
le 7 juin 15h30 *La conférence en ligne par Kota Takeuchi suivra la priojection (uniquement en japonais).
La Femme du Gange
France/1972/82min/Couleurs
Avec Catherine Sellers, Nicole Hiss, Gérard Depardieu.
Duras retrace, en 152 plans fixes, l’aventure passionnelle d’un homme avec une femme aujourd’hui disparue. Pour son cinquième film en tant que réalisatrice, elle choisit la simplicité et la radicalité dans ce qu’elle considère elle-même comme deux films, « le film de l’image et le film des voix ».

Date de projection:
le 4 juillet 18h30 *La conférence de Tamio Okamura suivra la projection.
India Song
France/1975/120min/Couleurs
Avec Delphine Seyrig, Michael Lonsdale, Claude Mann.
Dans une critique métaphorique du colonialisme, Duras s’inspire de ses expériences d’enfance en Indochine, alors occupée par la France. La cinéaste chorégraphie un récit en forme de poème désynchronisé, qui rassemble les réminiscences et le spectre des amours impossibles. Utilisée comme une ponctuation, la musique vient rythmer une narration troublante, où tous les événements majeurs se déroulent hors champ, retranscrits par les voix lointaines des personnages. Pièce maîtresse du film, Delphine Seyrig apporte une sensibilité bouleversante en femme torturée, devenue objet de convoitise.

Date de projection:
le 13 juin 17h00 * La conférence « Marguerite Duras, l’ensorcellement » apr Camille Nevers suivra la projection.
Son nom de Venise dans Calcutta desert
France/1976/120min/Couleurs
Avec Delphine Seyrig, Nicole Hiss, Sylvie Nuytten.
Un faux remake d’India Song, qui en reprend les lieux et la musique pour questionner la mémoire et le passage du temps. Dans les ruines du palais Rothschild, les acteurs ont disparu, remplacés par des visions fantomatiques. Duras travaille sur le ressassement, la grâce contenue dans les images qui subsistent, et privilégie la remise à nu par l’épure. Un voyage hypnotisant sur la manière dont les mots résistent et continuent à vivre.

Date de projection:
Baxter, Vera Baxter
France/1976/90min/Couleurs
Avec Claudine Gabay, Delphine Seyrig, François Périer.
Réalisé en même temps que Le Camion, Baxter, Vera Baxter illustre l’univers féminin de Duras, rempli de mystères et de troubles. La cinéaste filme le vide et l’ennui de la bourgeoisie dans une déambulation lancinante à travers une villa moderne, qui devient une fête des illusions perdues.

Date de projection:
Des journées entières dans les arbres
France/1976/96min/Couleurs
Avec Madeleine Renaud, Bulle Ogier, Jean-Pierre Aumont.
Une mère fusionnelle et envahissante cherche à sauver son fils d’une vie précaire. Dans une évocation nostalgique du passé, la simplicité de la mise en scène s’associe à un ton burlesque, qui laisse entrevoir une tendresse cachée. Formidable en matriarche castratrice, Madeleine Renaud compose un personnage peu aimable, mais épatant de complexité.

Date de projection:
Le Camion
France/1977/78min./ Couleurs
Avec Marguerite Duras, Gérard Depardieu.
Assise dans le salon de sa maison de campagne, Duras lit un scénario et raconte une histoire à Gérard Depardieu au cœur d’un film entièrement basé sur la parole, à mi-chemin entre la facétie et l’exercice de style. Devenus, à la fois, lecteurs, narrateurs et acteurs, ils construisent à deux un éloge de l’imagination et du jeu, qui sollicite l’esprit du spectateur et sa soif de créativité. Seuls quelques plans du camion et des moments interceptés sur la route accompagnent un échange ludique, brillant de complicité et d’intelligence.

Date de projection:
Le Navire Night
Marguerite Duras
France/1978/95min./Couleurs
Avec Dominique Sanda, Bulle Ogier, Mathieu Carrière.
Dans la solitude des nuits parisiennes, des hommes et des femmes utilisent des lignes téléphoniques anonymes, issues de l’occupation allemande, pour se parler. Inspiré d’une histoire vraie, Le Navire Night incarne la parole durassienne à travers des paysages urbains nocturnes et la mélopée obsédante d’un flot verbal ininterrompu. Grâce à l’alternance des voix, ponctuées par les visages de Dominique Sanda et Bulle Ogier, Duras crée une écoute atypique du récit, qui impose durablement sa volonté de se situer entre la littérature, le cinéma et le théâtre.

Date de projection:
Agatha et les lectures illimitées
France/1981/90min./ Couleurs
Avec Yann Andréa, Bulle Ogier, Marguerite Duras
Un dialogue entre un frère et une sœur, unis par un amour interdit, à l’heure de la séparation. Au gré de souvenirs entrelacés, Duras adapte sa propre pièce de théâtre, Agatha, et insiste sur la progression de la parole, qu’elle superpose avec élégance à une image entrecoupée de textes imprimés.

Date de projection:
Dialogue de Rome
Italie / 1982 / 62 min/Couleurs
Avec Anna Nogara, Paolo Graziosi.
Après Césarée, Duras rend un nouvel hommage à Bérénice grâce à l’histoire d’amour impossible entre un militaire romain et la reine de Samarie. Autour de la Via Appia et de la Piazza Navona, elle filme les lieux phares d’un centre-ville sinueux, sur un dialogue établi avec son propre compagnon, Yann Andréa.

Date de projection:
Les Enfants
France/1984/90min/Couleurs
D’après le conte pour enfants Ah ! Ernesto de Marguerite Duras.
Avec Axel Bogousslavsky, Daniel Gélin, Tatiana Moukhine.
Le dernier film réalisé par Duras, une fable philosophique sur les défaites du monde et l’enfance comme solution. Dans la lignée de Candide, elle adapte son propre conte, Ah ! Ernesto, avec drôlerie et mélancolie, et célèbre la résistance à un système éducatif défaillant. De l’instruction obligatoire aux mystères de la vie, méthodes d’enseignement dépassées et inadéquation aux normes façonnent une dénonciation touchante, emmenée par Axel Bogousslavsky, parfait en inclassable clown blanc.

Date de projection:
Césarée
France / 1978 / 11 min/Couleurs
Sur une musique d’Amy Flamer, Duras superpose des images du jardin des Tuileries avec les réminiscences de Césarée, une ville antique détruite. Au milieu des ruines et des statues de Maillol, elle traque l’amour bafoué, sous les traits de la reine Bérénice.

Date de projection:
Les Mains negative
France/1978/18min/Couleurs
Un voyage furtif de la Bastille aux Champs-Élysées, qui offre une vision de Paris dépeuplé. Duras associe ses propres vers et des images tournées peu après Mai 68 dans une fascinante promenade en voiture.

Date de projection:
Aurélia Steiner Melbourne
D’après le roman Aurélia Steiner de Marguerite Duras.
France/1979/35min/Couleurs
Le premier court métrage consacré à Aurélia Steiner, une jeune fille juive née dans un camp nazi. En voix off, Duras lit l’une de ses lettres, écrite à dix-huit ans, à Melbourne, et qu’elle adresse à un homme disparu dans un four crématoire.

Aurélia Steiner Vancouver
D’après le roman Aurélia Steiner de Marguerite Duras.
France / 1979 /48min/Couleurs
Duras retrouve Aurélia Steiner, l’une des figures récurrentes de ses romans, et illustre, à nouveau, un courrier qu’elle a, cette fois, écrit à ses parents. À l’aide de plans non exploités du Navire Night, la cinéaste s’efface derrière un personnage mystérieux, qui dévoile progressivement son histoire et son passé.

Date de projection:
L’Homme atlantique
France / 1981/42min/Couleurs
D’après le roman L’Homme atlantique de Marguerite Duras.
Avec Yann Andréa, Marguerite Duras.
Avec une parole entêtante, qui cannibalise l’image, Duras utilise les rushes d’Agatha et les lectures illimitées pour raconter la tristesse et la douleur d’une femme qui vient d’être quittée par l’homme qu’elle aime. Une évocation pudique du deuil amoureux, hantée par le visage de Yann Andréa.

Date de projection:
Marguerite, telle qu’en elle-même
de Dominique Auvray
France/2002/61min/Couleur et Noir &Blanc
Le 3 juin 1991, Marguerite Duras me donnait son dernier livre paru « L’amant de la Chine du Nord », dédicacé pour la première fois. Elle disait : « Pour mon amie Dominique Auvray, en souvenir d’une merveille entre toutes : celle d’un passé récent encore : quand on travaillait ensemble au Cinéma ». Ce portrait pour l’approcher, comme elle était : rieuse et sérieuse, vraie et provocatrice, attentive et catégorique mais avant tout jeune et libre.

Date de projection:
Duras et le cinéma
de Dominique Auvray
France/2014/60min/ Couleur et Noir &Blanc
« À la mort de Marguerite Duras en 1996, Les Cahiers du cinéma commande des textes à ses collaborateurs Bruno Nuytten et Benoît Jacquot. Dominique Auvray, qui a été la monteuse du Camion (1977), les fait dire par les comédiens Melvil Poupaud et Nahuel Perez Biscayart. S’y ajoutent des entretiens avec Duras, ou ses textes lus par Jeanne Balibar. Auvray retraverse ainsi, de façon durassienne, la relation paradoxale de l’écrivain au cinéma.

Date de projection:
Hiroshima Mon amour
Alain Resnais & Marguerite Duras
France, Japon/1959/91min/Noir & Blanc
Avec Emmanuelle Riva, Eiji Okada
Après les bombardements, une Française et un Japonais vivent un amour impossible à Hiroshima. Pour son premier long métrage, Resnais invente, sur un scénario de Duras, un nouveau langage cinématographique, révolutionnaire à son époque, et raconte la rencontre de deux traumatismes. Un fulgurant poème de passion et de destruction.
« Hiroshima repousse les limites du cinéma. » (Jean-Luc Godard)
« J’ai essayé de trouver l’équivalent d’une lecture au cinéma et de laisser l’imagination du spectateur aussi libre que s’il était en train de lire un livre. » (Alain Resnais)

Date de projection:
Cinéaste et critique
Camille NEVERS
Elle a choisi le nom de plume de Nevers à cause du film de Marguerite Duras et d’Alain Resnais, Hiroshima mon amour. Elle a écrit entre autres aux Cahiers du cinéma et à La lettre du cinéma, et signe des critiques pour Libération depuis 2018. Elle est souvent intervenue à la radio, sur France Culture et dans l’émission de Jérôme Garcin, Le Masque et la plume sur France Inter. Sous son nom de ville, Sandrine Rinaldi, elle a réalisé deux films : : Cap Nord qui sort en 2012, et Mystification ou l’histoire des portraits sorti en 2005. Elle figure parmi les auteurs d’ouvrages collectifs : Mondes imaginaires : le cinéma de Manoel de Oliveira (Vendémiaire, 2017) – Samuel Fuller, le choc et la caresse (Yellow Now, 2018), Leo McCarey (Capricci, 2018) – Paul Vecchiali, Once More (Éditions de l’Œil, 2023)
Événements : Cinéma
Les Jeudis de la Villa Kujoyama
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Fête de la Francophonie à l’Institut français de Tokyo 2026
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